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Notre chef de la direction

De chanteuse d’opéra à chef de la direction :

une entrevue avec Barbara Stead-Coyle

C’est avec enthousiasme que nous accueillons Barbara Stead-Coyle comme nouvelle chef de la direction de Dystrophie musculaire Canada. Établie en Nouvelle-Écosse, le parcours qui a mené Barbara à notre porte est intéressant et diversifié. Nous l’avons récemment rencontrée pour mieux la connaître.

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DCM : Parlez-nous du cheminement qui vous a amenée jusqu’ici.

Barbara : J’avoue que ce fut un parcours intéressant. J’ai une maîtrise en opéra. Je suis, en fait, chanteuse de profession. Diplômée de McGill, j’ai été chanteuse et comédienne professionnelle pendant une dizaine d’années. Mais pendant ce temps, comme toute autre comédienne ou chanteuse, il m’a fallu trouver d’autres emplois pour boucler les fins de mois. J’ai donc commencé à travailler au Service du marketing de Polygram, à Montréal, où je rédigeais des notes d’accompagnement pour CD. C’est là que je me suis vraiment intéressée au marketing et aux communications. J’ai suivi cette voie pensant quelques années et, très tôt dans ma carrière, j’ai eu la chance de développer mes compétences en tant que spécialiste du marketing et des communications, tant dans le secteur privé que public. Mes emplois au gouvernement m’ont donné l’occasion d’approfondir mes connaissances en matière de systèmes et processus de communication, de messages aux intervenants et de communications de crise. Dans mon rôle auprès de diverses sociétés d’État fédérales et provinciales, j’ai appris l’importance de faire en sorte que des opinions et des voix multiples fassent partie intégrante de communications bien conçues. J’ai aussi appris l’importance de savoir naviguer dans des systèmes politiques complexes, et ce, parfois très rapidement.

DMC : Vous avez ensuite travaillé à la Fondation de l’Hôpital régional du Cap Breton pendant six ans?

Barbara : Au cours de ces six années, j’ai vraiment tout appris de la collecte de fonds. Le bureau était très petit lorsque je suis arrivée et se concentrait surtout sur la tenue d’événements spéciaux. Pour bâtir un programme global de collecte de fonds, et ce, à toutes fins pratiques sans personnel, j’ai commencé à rédiger des messages pour publipostage et des bulletins d’information, à étudier la segmentation des données, à organiser des loteries, à instaurer un programme de dons mensuels, à mettre sur pied une campagne majeure, y compris comment rédiger un document d’appui et recruter un cabinet de campagne. J’ai donc tout appris sur la façon de bâtir un portefeuille vraiment solide. Par la suite, j’ai été recrutée par la Société canadienne du cancer pour devenir chef de la direction de la division Nouvelle-Écosse et j’ai passé trois ans dans cette fonction. Mon arrivée coïncidait avec une période de transition, alors que l’organisme se trouvait au beau milieu d’une campagne majeure qui stagnait. Alors ma priorité a été d’agir très rapidement pour reconstruire/renforcer l’aspect collecte de fonds de l’organisme afin qu’il puisse conclure la campagne, ce que nous avons fait en 12 mois environ.

DMC : Votre intérêt pour Dystrophie musculaire Canada est à la fois personnel et professionnel. Qu’est-ce qui vous a attirée ici?

Je parlerai tout d’abord de l’aspect professionnel : il m’a semblé que, logiquement, la prochaine étape dans mon cheminement de carrière était de diriger un organisme pancanadien. DMC a la bonne taille, des revenus ainsi qu’un leadership solide chez les bénévoles et le personnel. D’un point de vue personnel, ma famille a été amplement touchée par la dystrophie musculaire. Ma sœur a la maladie de Charcot-Marie-Tooth et mon beau-frère a aussi la dystrophie musculaire. Alors c’est certain que depuis mon enfance, j’ai vu les effets physiques de la maladie sur ma sœur, certains des problèmes qu’elle éprouve à essayer de mener une vie normale, d’avoir une famille et une carrière, tout en composant avec des problèmes physiques très réels. C’est à la lumière de cette expérience que je compte exercer mes nouvelles fonctions.

DMC : Quelle est votre approche pour connaître une nouvelle organisation et les gens qui en font partie? Est-ce que c’est un défi particulier quand il s’agit d’une organisation nationale, et donc géographiquement très étendue?

Barbara : Heureusement, j’ai déjà une bonne expérience à diriger une équipe pancanadienne importante, ce qui m’a obligée à m’interroger précisément sur ce problème : comment établir des liens avec les personnes et pas juste les fonctions dont elles sont responsables. Il s’agit de prendre le temps d’avoir des conversations individuelles, de demander « Qu’est-ce qui vous enthousiasme vraiment? Qu’est-ce qui est difficile? Qu’est-ce que je peux faire pour vous aider à réussir? » La clé, ce sont ces conversations, ça et le fait de vraiment vouloir connaître la personne.

DMC : Il est rafraîchissant de savoir que vous êtes basée sur la côte est, parce que je crois que quand il s’agit d’une organisation nationale, on présume souvent que la direction se fera à partir de Toronto.

Barbara : Lorsque j’ai accepté le rôle de vice-présidente de la Société canadienne du cancer, l’une des choses sur laquelle j’ai insisté très clairement était que je ne voulais pas travailler à partir du bureau national. Je tenais à travailler dans une division pour me permettre de comprendre ce qui se passe vraiment en première ligne. Si vous n’avez pas une vision de la première ligne jusqu’au sommet de l’organisation, vos décisions pourraient ne pas être aussi bien comprises. Je crois que le fait d’entretenir le contact avec la première ligne est tellement important pour un dirigeant. À titre de chef de la direction nationale, il est aussi très important de garder le contact avec les donateurs et les clients. Si vous vous contentez d’être assise dans un bureau « corporatif » toute la journée, il est parfois facile de se confiner aux conversations quotidiennes à l’interne et d’oublier qu’au bout du compte, nous sommes au service des autres et que la seule façon d’y arriver, c’est d’assurer notre présence dans leur vie.

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