La famille Reynolds – Vous avez réalisé un miracle


Vous avez réalisé un miracle

Comment réagiriez-vous si, dans quelques semaines, quelqu’un vous disait : « Vous ne serez pas chez vous à Noël »? C’est exactement la situation dans laquelle s’est trouvée ma famille l’an dernier à cette époque.

Je vis avec deux formes de dystrophie musculaire, une qui touche mes jambes, l’autre qui affecte tout ce qui se trouve au-dessus de mes épaules. Je manque de mots pour exprimer la sensation de perdre le contrôle de mon corps.

Tout a commencé l’été dernier par une vilaine toux. Mais la situation s’est rapidement aggravée, au point où j’ai dû me rendre à l’urgence. Je croyais pouvoir vite rentrer à la maison, mais après deux semaines d’hospitalisation, on m’a transférée aux soins intensifs.

Toute une ribambelle de médecins sont venus me voir. Certains jours, j’avais l’impression que tous les médecins de l’hôpital était venus m’examiner et me poser des questions. À chaque nouveau médecin, je demandais quand je pourrais rentrer à la maison. Mes enfants avaient besoin de moi. Mais j’avais l’impression que personne ne m’entendait.

Reynolds Family

La famille Reynolds à Noël quand les enfants étaient jeunes.

Des semaines se sont écoulées et, chaque fois, la réponse était toujours la même. Non. Non. Non. C’est tout ce qu’on me disait. Je suis peut-être forte, mais après un certain temps, il devient de plus en plus difficile de garder espoir.

Rapidement, j’ai dû avoir une trachéotomie. On ne pouvait plus faire confiance à mes muscles, à mon corps, pour me garder en vie plus longtemps. Je me suis réveillée avec un trou dans la gorge et un tube qui serpentait à mes côtés. Je sentais bien l’air pénétrer dans ma gorge et mes poumons, mais vous pouvez imaginer à quel point la sensation était étrange. Respirer est si naturel qu’en général, on n’y pense même pas. Du moins jusqu’à ce que ce soit la seule chose qui nous préoccupe.

Les semaines sont devenues des mois. L’été était fini. Chaque jour, Lucan, mon mari, amenait les enfants me visiter. C’était le meilleur moment de la journée. Lucan n’arrêtait jamais : il allait mener les enfants à l’école, puis venait à l’hôpital, retournait à l’école pour ramener les enfants à la maison, puis s’occupait du souper et des devoirs avant de revenir encore à l’hôpital. Il était épuisé. Personne ne voudrait imposer ça à sa famille. Je me sentais si impuissante!

De mon lit, j’ai vu tomber les premiers flocons de l’année. De ma fenêtre, je pouvais voir le monde devenir tout blanc, et je savais que j’avais de moins en moins de temps pour rentrer à la maison.

La prochaine fois où j’ai vu le médecin, je lui ai dit que j’avais la ferme intention d’être à la maison pour Noël. Je n’avais pas pu être avec ma famille de tout l’été, mais j’étais bien décidée à passer les Fêtes avec elle. Quand le médecin m’a répondu que je ne pourrais plus quitter l’hôpital, j’ai senti mon cœur se briser.

Quelques semaines plus tard, j’ai commencé à le croire. Je n’avais presque plus d’espoir. Mais les choses se déroulent toujours drôlement. On ne sait jamais ce que demain nous réserve. C’est quelque chose que j’essaie de ne jamais oublier.

Après avoir passé tant de temps à l’hôpital, ma famille avait conquis le cœur du tout le personnel infirmier. Le contraire m’aurait surpris. Mes trois adorables enfants et mon mari étaient à mes côtés chaque jour. Je ne sais pas pourquoi je suis si chanceuse d’être tant aimée.

Après des mois à côtoyer ainsi les enfants, les infirmières ont décidé de rendre notre Noël à l’hôpital aussi spécial que possible.

En secret, elles ont recueilli des cadeaux pour les enfants. Des gens de la télévision sont venus pour faire connaître notre histoire, et un reportage sur ma famille est passé au bulletin de nouvelles de 18 h. En blague, je disais que je ne pouvais vraiment pas recevoir des visiteurs alors que j’étais au lit, mais au bout du compte, je n’avais pas tellement le choix.

Une fois les cadeaux ouverts et tout le monde parti, j’ai embrassé mon mari et mes enfants et je leur ai dit de rentrer à la maison. Je ne me doutais absolument pas que vous étiez sur le point de réaliser mon rêve.

Le lendemain, à l’école, les enfants étaient des célébrités! Leurs amis avaient vu le bulletin de nouvelles la veille. Ils étaient jaloux de tous les cadeaux que les infirmières leur avaient donnés! On pourrait penser que plus personne ne pensait à moi, mais heureusement, ce n’était pas le cas. L’une des enseignantes avait vu elle aussi le bulletin de nouvelles, et elle avait une idée.

Elle a raconté mon histoire à son mari, un pompier de Port Perry. Sans que personne ne lui dise quoi ni comment, son mari a décidé de faire quelque chose. Vous savez sans doute que les pompiers se portent au secours des personnes atteintes de dystrophie musculaire depuis plus de 60 ans, mais moi, je n’en avais aucune idée!

Il décida d’appeler son contact chez Dystrophie musculaire Canada, un organisme pour lequel il était bénévole depuis quelques années. Il pensait que DMC saurait quoi faire et qu’avec un peu de chance, il serait possible de changer un non en un oui.

Pendant des mois, je m’étais sentie seule à l’hôpital. Et voilà que j’avais maintenant une armée à mes côtés. C’était vraiment quelque chose à voir!

De réunion en réunion, les gens de Dystrophie musculaire Canada ont talonné les médecins sans relâche. Chaque fois qu’un nouveau problème se présentait, ils avaient une solution. Ils croyaient vraiment que je pourrais passer Noël à la maison. Et je me suis mise à le croire moi aussi.

Tout d’abord, si j’allais pouvoir rentrer à la maison, j’aurais besoin d’un ventilateur, d’un lit spécial, d’un lève-personne et d’une batterie. Tous ces appareils coûtent très cher, et sans un organisme comme Dystrophie musculaire Canada, les familles devraient payer tout ça de leur poche.

Mais vous devez déjà savoir tout ça puisque c’est grâce à vous que DMC peut faire ce qu’elle fait. C’est quand même inouï quand j’y pense : vous, vous étiez au courant du travail incroyable que fait DMC, alors que moi, qui justement a la dystrophie musculaire, je n’en savais rien du tout! En faisant un don, vous faites quelque chose d’incroyable. Je ne peux imaginer combien de familles comme la mienne vous avez sauvées.

À quelques jours à peine de Noël, tout semblait encore si compliqué. Après tout ce que j’avais vécu jusque-là, je trouvais complètement fou le fait d’avoir encore tant d’espoir, mais l’espoir, c’est vraiment tout ce qui me restait.

La veille de Noël, tout s’est enchaîné. Tout le monde a travaillé sans relâche. Le temps des Fêtes est une période très occupée, mais l’équipe de Dystrophie musculaire Canada était infatigable. Les gens de DMC sont restés avec moi. Ils n’ont jamais renoncé.

Finalement, après de nombreux faux départs, le moment que j’attendais depuis des mois est arrivé. Les médecins sont venus me voir. J’allais rentrer à la maison.

Vous avez été là pour moi quand j’en eu vraiment besoin de vous. Je ne vous connais pas, mais c’est vous qui m’avez permis de réaliser mes rêves. Depuis le début, vous saviez probablement que c’était possible et c’est pour ça que vous avez fait un don. C’est vous qui nous avez permis, à moi et à ma famille de se retrouver ensemble juste à temps pour Noël.

Il était tout près de minuit lorsque l’ambulance est arrivée chez moi. Nous avons profité de l’obscurité pour nous faufiler dans la maison en catimini.

À l’intérieur, ma maison s’était transformée pour accueillir tous les nouveaux appareils. On m’a déposée dans un lit spécial à l’autre bout du salon. J’avais une vue parfaite de l’arbre de Noël, décoré et illuminé. Mais surtout, je pouvais voir l’escalier que mes enfants d’où mes enfants descendraient dans quelques heures à peine.

Après des mois de séparation, nous avons pu, Lucan et moi, être près l’un de l’autre dans notre salon. Nous étions enfin réunis. Je ne voulais surtout pas fermer les yeux de peur de me réveiller à nouveau à l’hôpital. Mais j’ai tout de même fini par m’endormir.

Lorsque j’ai ouvert les yeux, tout était encore bien vrai. Alors que la situation semblait sans espoir, vous avez réalisé mes rêves les plus chers. Vos dons à Dystrophie musculaire Canada ont fait des miracles pour ma famille, et je ne pourrai jamais vous en remercier assez.

Je n’ai pas eu à attendre longtemps pour entendre les enfants dévaler l’escalier. Depuis mon lit au fond du salon, je pouvais les voir se diriger vers l’arbre de Noël. Et c’est là qu’ils m’ont vue. Nous nous sommes serrés très forts, nous avons pleuré, nous avons ri. Ce fut, sans l’ombre d’un doute, notre meilleur Noël.

Je sais que je suis au nombre des chanceux. Grâce à vous, je n’ai pas eu à passer Noël à l’hôpital. J’ai pu rentrer à la maison à temps pour passer Noël avec mon mari et mes enfants, pour être à nouveau leur maman. Vous avez donné à ma famille un autre Noël, un cadeau que je chérirai pour le reste de mes jours.

Avec tout mon amour, mes remerciements, et mes vœux les plus chaleureux à vous et à vos proches,

Bri Reynolds Signature

Bri Reynolds

P.S. Vous avez fait en sorte que je puisse rentrer à la maison pour les Fêtes. Je vous suis tellement reconnaissante de ce cadeau si précieux. Je sais que d’autres familles n’ont pas cette chance. Je vous invite à offrir ce cadeau à d’autres familles qui en ont tant besoin. Voir le plaisir illuminer le visage de vos enfants le matin de Noël, ça n’a vraiment pas de prix.

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