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Mary Ann Wickham, fondatrice des services aux clients

 

Mary Ann Wickham-1Mary Ann Wickham fut l’une des premières bénévoles de l’Association canadienne de la dystrophie musculaire et sa contribution a façonné l’organisation des services aux clients. Son approche a aussi renforcé l’objectif et la présence de la toute nouvelle organisation. La recherche était la raison d’être de l’ACDM, mais offrir de l’information, des aides techniques et des soins aux personnes atteintes de maladies neuromusculaires venait compléter sa mission. Chaque année, nous remettons le prix Mary-Ann-Wickham à un ou une bénévole d’exception.

Voici un extrait du numéro de septembre 1989 deConnexions, le bulletin d’information de l’ACDM.

La dame au lève-personne

Il y a 35 ans, Mary Ann Wickham descendit de l’autobus à l’angle des rues Bay et Wellington à Toronto. L’enseigne d’une vitrine de l’autre côté de la rue accrocha son regard : « L’Association canadienne de la dystrophie musculaire ».

« Je ne savais rien de la dystrophie musculaire, mais j’ai poussé la porte et j’ai demandé aux gens qui s’y trouvaient s’ils avaient besoin de bénévoles », raconte MmeWickham, qui venait tout juste de déménager à Toronto en 1954 et travaillait à plein temps comme infirmière. « La semaine suivante, j’assistais à ma première rencontre de la section locale de Toronto. Le Dr David Green était là, ainsi qu’Arthur Minden. Lorsqu’ils ont su que j’étais infirmière, ils m’ont demandé si j’accepterais de visiter certaines personnes de Toronto atteintes de dystrophie musculaire. »

Et c’est dans ces circonstances fortuites qu’a débuté un nouveau chapitre de la vie de Mary Ann Wickham, un chapitre qui allait un jour déterminer l’avenir de sa carrière. Mais ces mêmes circonstances allaient aussi aider à façonner l’avenir de l’Association canadienne de la dystrophie musculaire telle que nous la connaissons aujourd’hui, la transformant en un organisme qui non seulement appuie la recherche médicale mais offre aussi des services et de l’information à ses clients.

Pendant onze ans, de 1954 à 1965, Mary Ann Wickham fut, à elle seule, le service aux clients de l’Association, toujours à titre bénévole. Mais elle était aussi fortement impliquée dans d’autres activités de l’organisme, aidant à organiser des événements sociaux, mettant sur pied de nouvelles sections locales de l’ACDM dans d’autres villes de l’Ontario, parcourant la province pour faire des présentations à divers clubs et groupes et, au bout de quelques années, devenant membre du conseil d’administration de l’ACDM.

Mais son premier engagement envers l’ACDM fut toujours la visite des clients qu’elle effectuait au moins deux soirs par semaine et toute la journée du samedi.

« Les aides techniques étaient entreposées dans mon sous-sol », se rappelle-t-elle. « Si quelqu’un avait besoin d’un fauteuil roulant ou d’un lève-personne Hoyer, je m’occupais de la livraison. À l’époque, il y avait une trentaine de clients à Toronto et, très rapidement, la situation est devenue très frustrante puisque je ne pouvais pas vraiment les visiter tous régulièrement. Chez moi, j’avais une carte fixée au mur, avec des épingles indiquant où les clients étaient situés et, lorsque je devais faire une visite dans un certain secteur, je m’arrangeais toujours pour faire deux ou trois autres arrêts dans les environs pour voir comment tout le monde allait. »

« Trente-cinq ans, ça ne semble pas si loin que ça, dit Mme Wickham, mais comparé à ces années-là, ce que nous savons aujourd’hui sur les maladies neuromusculaire et le changement d’attitude envers les personnes handicapées semblent absolument incroyable. »

Ainsi, en 1954, il n’y avait pas de financement public pour des fauteuils roulant. « L’ACDM devait tous les acheter », de dire Mme Wickham. « Et nous les recyclions aussi, encore et encore. Personne n’était formé non plus pour ajuster ces fauteuils. Le seul choix était un fauteuil pour adulte ou un fauteuil pour enfant, avec peut-être un coussin pour le dos ou le siège pour essayer de le rendre un peu plus confortable. »

« À l’époque, très peu de gens avaient entendu parler de génétique et personne ne se doutait que la dystrophie musculaire puisse être une maladie héréditaire », se rappelle-t-elle. « Dans une famille avec laquelle j’ai passé beaucoup de temps, il y avait trois garçons atteints de dystrophie musculaire de Duchenne et deux filles avec la maladie de Charcot-Marie-Tooth. La pauvre mère croyait que tous ces malheurs qui s’abattaient sur sa famille n’étaient dus qu’à la malchance. »

« Le public ignorait entièrement qu’il existait plus d’une forme de dystrophie musculaire. Tout le monde appelait ces maladies paralysies progressives. Plusieurs pensaient même que la dystrophie musculaire était contagieuse. Parfois, aux stands d’information que nous installions à l’Exposition nationale canadienne ou à des foires locales, les gens reculaient en nous voyant, disant qu’ils ne voulaient pas prendre de dépliants de peur d’attraper la dystrophie musculaire. Certaines familles m’ont aussi confié qu’on empêchait leur enfant de fréquenter l’école parce que les autres parents craignaient que leurs propres enfants attrapent la maladie. »

Selon Mme Wickham, les attitudes envers les personnes handicapées, même celles des familles qui les aimaient et les gouvernements qui voulaient les aider, se sont complètement métamorphosées au cours des 35 dernières années.

« On ne pensait pas à préparer un enfant atteint de dystrophie musculaire à aller travailler ou à vivre de façon autonome », se rappelle-t-elle. « Les parents voulaient seulement garder leurs enfants à la maison et veiller à ce qu’ils soient le plus confortable et le plus heureux possible. De toute façon, la plupart des écoles et des universités n’acceptaient pas d’étudiants handicapés. Il n’y avait pas de transport disponible et aucun édifice public n’était accessible. »

C’est dans ce climat général que Mary Ann Wickham a commencé ses nombreuses années de travail bénévole auprès des personnes atteintes de maladies neuromusculaires. Elle a apporté ses idées et ses expériences à la table du conseil d’administration de l’ACDM à Toronto, défendant toujours la même idée : soutenir la recherche est extrêmement important, mais les services que l’ACDM pouvait être en mesure d’offrir à ses clients étaient tout aussi importants.

« Je parlais du côté humain de mon travail, de la joie de pouvoir donner un fauteuil roulant à un garçon qui n’avait jamais pu sortir avec sa famille… et je crois que c’est ce côté humain qui a finalement convaincu plusieurs des membres du conseil. »

En 1965, pour la première fois de son histoire, l’ACDM engageait sa première employée à plein temps pour ses services aux clients, une infirmière qui travaillait au bureau de Toronto. Aujourd’hui, les services aux clients peuvent compter sur un personnel de 16 personnes réparties dans toutes les régions du Canada pour fournir les aides techniques, les conseils et l’information que Mary Ann Wickham a dispensé avec tant de dévouement pendant toutes ses années à titre bénévole.

« Je suis reconnaissante aujourd’hui de mon passé avec l’Association canadienne de la dystrophie musculaire, reconnaissante que l’ACDM ait fait partie de ma vie et m’ait permis de sentir que je pouvais faire ma part pour la dystrophie musculaire, dit-elle. Je crois que la plus grande joie pour moi aujourd’hui c’est de rencontrer une personne qui me dit : Il y a des années, vous avez été la première personne à me contacter après que nous ayons reçu notre diagnostic de dystrophie musculaire et je me sens très près de vous. »

Que disait donc Mary Ann Wickham il y a 35 ans aux familles qu’elle visitait le soir, peu de temps après que leur enfant ait reçu son diagnostic?

« Généralement, je ne faisais que m’asseoir et parler avec eux, dit-elle. Lors de la première visite, je leur en disais autant sur la maladie qu’ils me demandaient, mais pas plus. Surtout, je leur disais : N’oubliez pas que nous sommes là… appelez-nous si vous avez des questions. Vous n’êtes pas seuls. »

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Dystrophie musculaire Canada est toujours engagée à fournir d’excellents services aux personnes atteintes de maladies neuromusculaires, à leurs proches et à leurs milieux. Nous vous invitons à vous inscrire pour garder le contact et recevoir des services.

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